L'innovation ACO / Le paradigme de l'intelligence collective

Caractériser un désir collectif en utilisant le modèle de l'architecture système

Caractériser un désir collectif en utilisant le modèle de l'architecture système

L’organisation est l’expression d’un désir collectif. Cette affirmation semble un peu théorique, ou du moins avec peu d’implications pratiques. Pourtant chacun admettra que si l’entreprenant savait générer le désir, il prendrait une sérieuse option sur la victoire. Mais le désir est difficile à modéliser, donc difficile à influencer.

Quand ce genre de dilemme concerne une personne, il faut qu’il trouve tout seul la bonne solution. Mais quand il faut arbitrer entre des désirs de milliers de gens et des solutions alternatives nombreuses, cela devient complexe. C’est par exemple le cas pour les désirs d’avion gros porteur, de missile, de train ou de logiciel. Les gens dont le métier consiste à satisfaire ce genre de désir collectifs en délivrant des objets adéquats s’appellent des architectes systèmes.

L’architecture système a développé un outil pour faire converger les acteurs et permettre d’avancer malgré l’incertain. Cet outil s’appelle l’ingénierie des exigences. Nous allons voir rapidement les  clefs de cette approche qui va nous servir à élucider le système de désir que constitue l’organisation.

L’ingénierie des exigences donne quatre clefs :

  • Un objet de désir est par nature un système : il a un but, générer le désir de ses parties prenantes. Nous avons vu dans le paradigme de l’intelligence qu’une organisation peut aussi être interprétée comme un système qui a un but : la survie.
  • Ce système peut être décrit comme l’intégration de quatre points de vue en tension : le dehors, la stratégie, les processus et les organes. Nous allons voir qu’une organisation peut aussi être décrite selon ces points de vue.
  • Ces tensions entre point de vue peuvent être caractérisées en utilisant un support formel : les exigences. Nous allons voir que ces exigences sont au cœur du fonctionnement des organisations.
  • Les tensions entre point de vue s’équilibrent de manière dynamique. On parlera de logique de couverture. Une organisation est aussi un équilibre dynamique dans lequel les forces sociales s’équilibrent.